J’ai eu la grâce, il y a de cela quelques années, que l’on m’offre à Toulouse – en 2015, si je me souviens – un livre de Rienk Bouk Kuyper (1886-1966), intitulé « God-centered evangelism« . Ce néerlandais d’origine a grandi aux Etats-Unis. Très tôt, Rienk s’est attelé à une compréhension plus étendue des Écritures. L’on notera avec intérêt son poste de professeur de Théologie Systématique (1928) au Westminster Theological Seminary, mais aussi celui de Théologie Pratique (1932) : cette « double-casquette » illustre fort bien le lien étroit qu’entretiennent l’étude systématique et globale de Dieu, au travers de l’Ecriture et la compréhension pratique de la foi. C’est dans cette perspective que se situe tout à fait son livre sur l’évangélisation.

Je vous propose, dans cette série, de découvrir certaines de ses citations, de ses pensées, de ses réflexions. En bref, je vous propose un bout de chemin avec moi dans cette petite lecture.

Le premier point à saisir est infiniment simple. Mais infiniment profond : Dieu est l’Auteur de la mission, entendu au sens propagation de l’Évangile, de la Bonne Nouvelle.

Cette vérité découle de l’Ecriture. Christ parle régulièrement de cette « commission », que les apôtres vont suivre (1 Jean 4.10). L’un des plus beaux passages de l’Évangile qui illustre cela se trouve en Jean 17. 1-4 : « Après avoir ainsi parlé, Jésus leva les yeux au ciel, et dit: Père, l’heure est venue! Glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie, selon que tu lui as donné pouvoir sur toute chair, afin qu’il accorde la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. Je t’ai glorifié sur la terre, j’ai achevé l’oeuvre que tu m’as donnée à faire. Et maintenant toi, Père, glorifie-moi auprès de toi-même de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde fût. »

1. Le Père, auteur de l’évangélisation.

Cette affirmation est limpide. Avant la création du monde, Dieu, en tant que Père, prévoyait d’envoyer son Fils, Jésus. C’est, en substance, ce à quoi renvoi le passage de Jean 3.16, trop souvent lu « à la va-vite » après quelques années de conversion – il est si souvent cité. Mais, lisons lentement, chaque mot. Dieu a véritablement aimé le monde. Il a envoyé son propre Fils, pour que nous soyons rendus vivant, et que nous ne périssions pas. Dans un autre article nous approfondirons ce verset.

Mais rappelons de cette belle vérité. La mission du Père, déjà mentionnée en Isaïe 53, était que le Messie vienne pour sauver son peuple. Les sacrifices, dans l’Ancien Testament, pointaient pédagogiquement vers cet objectif missionnel : qu’un agneau parfait vienne annoncer une Bonne Nouvelle, et que beaucoup soient justifiés.

Quand Jésus est baptisé, que lui dit son Père ? « En toi, j’ai mis toute mon affection. » Celle-ci n’est pas anodine, et découle de cet acte d’évangélisation. Le chapitre suivant (Luc 4), est à ce propos d’une véritable beauté, d’une subversion entièrement nouvelle, comme l’exprimerait Jacques Ellul.

« Il se rendit à Nazareth, où il avait été élevé, et, selon sa coutume, il entra dans la synagogue le jour du sabbat. Il se leva pour faire la lecture, et on lui remit le livre du prophète Isaïe. L’ayant déroulé, il trouva l’endroit où il était écrit:L’Esprit du Seigneur est sur moi, Parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, Pour proclamer aux captifs la délivrance, Et aux aveugles le recouvrement de la vue, Pour renvoyer libres les opprimés,Pour publier une année de grâce du Seigneur. Ensuite, il roula le livre, le remit au serviteur, et s’assit. Tous ceux qui se trouvaient dans la synagogue avaient les regards fixés sur lui. Alors il commença à leur dire: Aujourd’hui cette parole de l’Ecriture, que vous venez d’entendre, est accomplie.

2. Le Fils, auteur de l’évangélisation

Si le Père est auteur de cette propagation, le Fils l’est aussi. En effet, son obéissance jusqu’à la mort (Philippiens 2.8) note son action avec puissance. Il n’a pas regardé son égalité avec Dieu, nous disent les versets précédents. Non ! Il s’est dépouillé. Complètement.

La façon dont Jésus a propagé l’Évangile du royaume de Dieu (Matthieu 13) ne laisse aucun doute quant à l’appréciation du dessein du Père. Le Fils et le Père sont co-auteurs, comme deux artistes peindraient ensemble un tableau.

Ne soyons pas surpris, ainsi, que ce soit le Seigneur Jésus lui-même, qui affirme apostolicité de Saul de Tarse, au travers de sa rencontre spirituelle sur la route de Damas.

« The Son of God, out of the whole human race, from the beginning to the end of the world, gathers, defends and preserves for Himself, by His Spirit and WOd, in the unity of the faith, a church chosen to everlasting life » (The Heidelberg Catechism, XXI, Réponse 54)

3. L’Esprit-Saint, auteur de l’évangélisation

Ce que les théologiens vont nommer à partir des premiers siècles de l’histoire de l’Eglise, la « Trinité » ; en d’autres mots, le Père, le Fils, l’Esprit-Saint sont ensemble, auteur de la mission de propagation de l’Evangile.

Au travers de la puissance du Saint Esprit, l’Eglise est devenue témoin de l’Evangile. L’ensemble du livre des Actes des Apôtres (ou pourrais-t-on dire, de l’Esprit Saint), la mission envers les nations se déploient.

En tant qu’Esprit de Vérité, il préserve l’Évangile. Il est tellement bon de découvrir ce Consolateur au travers des textes bibliques, car il ouvre la voie à une nouvelle réalité sur terre. N’hésitez donc pas à (re)lire ces nombreux textes, et à les partager sur ce blog.

Publié par research

Heureux.

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